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Gatineau, 28 octobre 2016 – « On n’a pas un signal politique clair qu’on croit à l’agriculture. Pourtant, l’agriculture est un moteur de développement économique et est au cœur des défis agroalimentaires de l’heure. Il est temps de reconnaître l’agriculture à sa juste valeur », a déclaré le président de la Fédération UPA Outaouais-Laurentides, Richard Maheu, lors de l’assemblée générale annuelle de l’organisme.

Les quelque 2000 producteurs et productrices de la région Outaouais-Laurentides ont néanmoins la volonté, l’expertise et le savoir-faire pour répondre aux exigences des consommateurs québécois qui s’orientent de plus en plus vers des aliments locaux, frais, variés, sains et de qualité. Ils sont également prêts à relever le défi de la concurrence sur les marchés étrangers.

« Ce qui manque, c’est une reconnaissance et une vision à long terme de nos dirigeants! Imaginez ce qu’on pourrait faire si on nous en donnait les moyens! a lancé le président de la Fédération. Je rêve du jour où l’agriculture et la foresterie seront au cœur d’un projet de société, où ils seront considérés comme un pôle important de développement économique, où le savoir-faire des agriculteurs sera reconnu et où la protection de notre patrimoine agricole et de nos ressources sera la priorité. »

Des mesures prises au cours de la dernière année par le gouvernement provincial ne sont pas de nature à donner à l’agriculture la place qui lui revient. Par exemple, en modifiant les règles du jeu dans les programmes de sécurité du revenu, le ministre de l’Agriculture a fragilisé le filet de sécurité des agriculteurs et la rentabilité de leurs entreprises.

« Sans filet de sécurité et sans soutien adéquat, les agriculteurs ne peuvent pas passer à travers les coups durs. Là, on commence à affaiblir les outils qu’on s’est donnés pour assurer la pérennité des entreprises agricoles », a déploré M. Maheu. La réforme du Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA) qui alourdira le compte de taxes des producteurs ajoute à l’impression que le secteur ne fait pas partie des priorités de Québec.

L’incertitude des producteurs face à l’avenir semble se traduire en chiffres : par rapport au reste du Canada, le Québec fait piètre figure en matière de croissance des dépenses en immobilisation dans le secteur agricole (23 % au Québec contre 160 % au Canada entre 2008 et 2015). Les dépenses en recherche et développement des entreprises du secteur agroalimentaire québécois ont pour leur part diminué de 30 %.

Il faut également souligner les nombreuses exigences auxquelles les producteurs font face : gestion des pesticides, lutte aux ravageurs des cultures, gestion des cours d’eau, bien-être animal, traçabilité des aliments, réchauffement climatique, etc.

Le problème de pénurie de main-d’œuvre agricole est un autre défi qu’il faut relever. « C’est le plus grand défi de l’agriculture de demain. Il nous faut de la relève et une main-d’œuvre qualifiée. C’est la base, pour une agriculture prospère », a fait valoir M. Maheu, qui estime que la formation agricole est un des éléments sur lesquels il faut miser.

Au niveau local, les plans de développement de la zone agricole (PDZA) sont des leviers de choix pour donner toute son importance à l’agriculture. La Fédération entend veiller activement à leur mise en œuvre au cours de la prochaine année, en mettant de l’avant des projets structurants pour le secteur. Dans la région, Les MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, de Deux-Montagnes et de Laval ont officiellement adopté leur PDZA en 2015 et 2016. La MRC de Papineau a amorcé le processus pour adopter le sien. Au total, neuf MRC de l’Outaouais et des Laurentides ont adopté un tel plan au cours des dernières années.

À propos de la Fédération UPA Outaouais-Laurentides

La FUPAOL est une organisation syndicale qui représente les producteurs agricoles des 11 MRC situées sur le territoire de l’Outaouais et des Laurentides et offre services et soutien professionnel à leur entreprise.

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