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La conservation des milieux humides, la fiscalité municipale, l’accès internet et l’accès aux services du ministère de l’Agriculture des Pêcheries et de l’Alimentation ont occupé une place de choix lors d’une rencontre entre agriculteurs et candidats de la circonscription d’Argenteuil à Lachute, le 19 septembre.

 

 

Les candidats ont tous accepté l’invitation de l’UPA Argenteuil à participer à un panel portant sur les enjeux provinciaux et locaux en agriculture. Devant une vingtaine de producteurs, les candidats ont pu présenter à tour de rôle leur vision de l’agriculture et les engagements de leur parti dans ce secteur.  Ils étaient ensuite invités à répondre aux questions — reçues à l’avance par les candidats — d’un modérateur, sur les thèmes de la réglementation environnementale, des investissements en agriculture, de la fiscalité municipale, de la relève agricole et de l’impact de la hausse du salaire minimum.

Les nouvelles orientations réglementaires de Québec en matière de conservation des milieux humides ont pris une grande place dans la discussion, dans cette circonscription constellée de milieux humides situés en grande partie sur des terres agricoles. Le dossier de la fiscalité municipale a également retenu une grande part de l’attention, alors qu’Argenteuil n’échappe pas à la tendance globale d’explosion de la valeur des terres agricoles.

La question de l’éventuelle relocalisation des bureaux régionaux du ministère de l’Agriculture des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) — de Blainville vers Lachute — est également revenue sur le tapis à quelques reprises. Cette demande formulée à Québec par la MRC d’Argenteuil et appuyée par l’UPA vise à permettre un meilleur accès aux services à un plus grand nombre de producteurs.

La candidate de la CAQ, Agnès Grondin, connue du milieu agricole pour son travail de conseillère en environnement à la MRC d’Argenteuil depuis 2008, a joué la carte de son expérience et de son réseau régional. « J’ai fait le saut en politique parce que ma bataille, c’est de redonner le pouvoir aux régions », a-t-elle mentionné à quelques reprises. Au chapitre de la protection des milieux humides, elle s’est engagée à veiller à ce qu’un prochain gouvernement caquiste n’applique pas une réglementation mur à mur. Elle a également fait valoir que les producteurs devaient être compensés financièrement pour les services écologiques qu’ils rendent à la collectivité lorsqu’ils renoncent à cultiver en milieu humide.

« Je ne pense pas que vous cherchiez un spécialiste, a affirmé le candidat du PQ, Patrick Côté. Je pense que vous cherchez quelqu’un qui a une sensibilité, une écoute, une crédibilité » a-t-il dit, en affirmant qu’il pouvait bien représenter les agriculteurs de la circonscription. M. Côté a indiqué que le PQ est « le parti de l’agriculture », qui « a toujours été près des agriculteurs et des régions ». M. Côté s’est par ailleurs engagé à créer un comité consultatif en agriculture pour mieux comprendre les préoccupations des producteurs de la région et les communiquer au gouvernement.

De son côté, la candidate de QS, Céline Lachapelle, a exprimé la volonté de son parti d’établir une réglementation stricte en matière d’environnement, mais souple dans son application, notamment pour la conservation des milieux humides. Elle a cependant souligné qu’« on n’est pas votre ennemi, on veut travailler avec vous » en accompagnant et soutenant les agriculteurs. Mme Lachappelle s’est également dite sensible au phénomène de la détresse psychologique en agriculture et s’est engagée à favoriser une meilleure qualité de vie pour les producteurs.

Bernard Bigras-Denis, candidat du PLQ, a mentionné avoir rencontré plusieurs acteurs locaux afin de mieux saisir la réalité agricole de la région. Il a réitéré les orientations de son parti pour favoriser le modèle des fermes familiales au Québec, défendre la gestion de l’offre et de mettre des moyens en place pour favoriser la relève agricole. Il a mentionné l’engagement des libéraux à réviser le système de compensation de la Financière agricole et souligné l’adoption de la Politique bioalimentaire québécoise, au printemps dernier.

Le député sortant indépendant Yves St-Denis a quant à lui rappelé ses origines familiales agricoles. « Je connais votre réalité », a-t-il dit. M. St-Denis a décoché plusieurs flèches vers sa collègue de la CAQ, déplorant entre autres que des « fonctionnaires ou des biologistes viennent vous imposer [des règlements] à vous qui connaissez vos terres. Il faut faire confiance à l’intelligence des agriculteurs ». Le candidat indépendant s’est dit pour un assouplissement réglementaire qui permettrait de gérer intelligemment les milieux humides. Il a par ailleurs insisté sur l’importance de relocaliser le bureau du MAPAQ  à Lachute et a mis ses adversaires au défi de presser leur parti à s’engager dans ce dossier.

De gauche à droite : Yves St-Denis (indépendant), Philip Lavoie, agronome au Club agroenvironnemental d’Argenteuil et modérateur, Patrick Côté (PQ), Céline Lachapelle (QS); Agnès Grondin (CAQ), John McCart, président de l’UPA Argenteuil et Guy Kingsbury, vice-président.