Les agriculteurs sont les mieux placés pour parler de la réalité agricole à travers leur quotidien, leur passion, leurs préoccupations. C’est le point de départ de la série d’émissions Profondeur de champs, diffusée à partir du 5 mars à la Télévision des Basses-Laurentides.

La série de cinq émissions donne la parole à une quinzaine de producteurs de la région des Basses-Laurentides sur divers thèmes : les opportunités d’emploi et le défi du recrutement dans le secteur agricole; la santé psychologique en agriculture; les relations d’amitié qui se tissent entre producteurs et travailleurs étrangers; les transferts de ferme familiale à la relève; l’événement Portes ouvertes de l’UPA et le désir des agriculteurs de partager leur savoir-faire.

Réalisée via un partenariat entre la Fédération UPA Outaouais-Laurentides et la Télévision des Basses-Laurentides, cette série est née d’un désir d’aller au-delà de la simple visite de ferme, pour offrir au public une perspective nouvelle sur le monde agricole.

Les producteurs interviewés parlent ouvertement de sujets parfois sensibles et racontent avec une grande générosité des pans de leur vie quotidienne et parfois personnelle pour mieux faire comprendre leur réalité. En marge de leurs récits, des experts s’expriment également sur les sujets abordés.

Huit entreprises agricoles ont prêté leur décor aux émissions : Intermiel (Mirabel), Verger Jude Pomme (Oka), La Maison des fleurs vivaces (Saint-Eustache), Verger Lacroix (Saint-Joseph-du-Lac), Aux Saveurs du printemps (Mirabel), Verger Trottier (Saint-Joseph-du-Lac), Ferme Alary et fils (Sainte-Sophie), Ferme Martinic (Mirabel).

Les émissions seront diffusées les mardis à 19 h à partir du 5 mars, à la Télévision des Basses-Laurentides (HD 609 ou SD09 MATV pour les abonnés de Vidéotron). Elles seront également accessibles en ligne sur le site de la Fédération UPA Outaouais-Laurentides ainsi que sur la chaîne You Tube de la Fédération.

 


Les métiers de l’agriculture. Danielle Marceau, copropriétaire du Verger Lacroix, à Saint-Joseph-du-Lac, souligne les opportunités d’emplois à temps plein qui émergent avec la croissance de son entreprise.

« Les gens voient les emplois dans un verger comme temporaires, saisonniers et ne réalisent pas que ça va durer toute l’année, parce qu’on fait des alcools, de la transformation, de l’agrotourisme, de l’événementiel… La première question qu’on a toujours, en entrevue avec un candidat, c’est : Est-ce que je vais travailler à l’année? La réponse est oui! »

L’équipe de Profondeur de champs s’est également entretenu avec Gilles Szwedska, directeur de La maison des fleurs vivaces et Isabelle Laviollette, employée de cette entreprise de production de plantes en serre.

 


La journée Portes ouvertes de l’UPA. Patrice Lalande, copropriétaire de l’érablière Aux Saveurs du printemps, participait pour la deuxième année à la journée Portes ouvertes de l’UPA en septembre 2018. Il admet que cette journée implique beaucoup de préparation pour lui et sa famille, mais crois que le jeu en vaut la chandelle.

« C’est pas juste de la publicité qu’on veut, c’est de montrer ce qui se passe en arrière, se rapprocher des gens, de leur parler de l’importance d’acheter local. C’est une des choses dont les gens ne s’aperçoivent pas : ils font vivre du monde ici. »

 

 


Travailleurs étrangers et amis.

Sébastien Lavigne, copropriétaire du Verger Jude Pomme, à Oka, nous présente son ami Miguel Angel Duarte Rodriguez, un ouvrier mexicain qui revient travailler au verger tous les printemps depuis 16 ans.

« Depuis 2008, Miguel a participé à la plantation de chacun des arbres dans le renouvellement du verger. Il y a vraiment de lui ici dans la place… Sa connaissance de chaque parcelle et de chaque variété de pommes, de poires ou de prunes, ça vaut de l’or. Miguel, c’est mon bras droit! »

L’équipe de Profondeur de champs a également rencontré Christian Macle, propriétaire d’Intermiel, et quatre de ses travailleurs mexicains.

 


La santé psychologique en agriculture. André Trottier, copropriétaire du Verger Trottier, à Saint-Joseph-du-Lac, a maintenant le recul nécessaire pour parler de la détresse psychologique en agriculture, lui qui a vécu des moments difficiles il y a plusieurs années.

« Quand tu roules une grosse entreprise aux derniers 100 $, c’est assez stressant. J’ai moi-même fini des journées en pleurant. La plus grande chose que j’ai apprise, c’est d’accepter que tu ne contrôles pas tout, et que si des fois, ça ne marche pas, c’est pas tout de ta faute. »

 


Les transferts de ferme à la relève. Caroline Alary, de la ferme Alary et fils, se rappelle la différence de perspective entre les générations lorsque son frère et elle se sont joints à l’entreprise, aux côtés de son père et de son oncle, au début des années 2000.

« On ne s’était pas rendu compte que quand Frédéric et moi on s’est associés, mon père avait juste 42 ans. Il était vraiment pas prêt à prendre une retraite, tandis que nous, dans notre jeune vingtaine, on était au top de ce qu’on voulait faire dans la vie, on avait de l’énergie… »