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Il est impossible d’écrire sur les négociations du Traité Trans Pacifique parce qu’on en sait rien si ce n’est que le prix d’entrée pour y participer serait de laisser tomber  la gestion de l’offre.  La perspective d’une entente plane au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès.  Ces négociations sont si complexes qu’on a l’impression que personne n’a de vision globale, même chez les économistes les plus aguerris.  D’un point de vue politique canadien, on sent que c’est l’Est contre l’Ouest ou,  de façon simpliste : «  On vous importe des produits agricoles contingentés ici en échange de nos exportations de pétrole ».  Dans un contexte électoral, pas surprenant que le gouvernement change de discours selon l’audience à laquelle il s’adresse.

Je ne suis pas un spécialiste des négociations de libre-échange.  Mais j’en connais pas mal sur le monde agricole.  Si le Canada est encore le seul pays au monde à maintenir la gestion de l’offre, c’est parce que les producteurs y croient.

Nos arguments sont convaincants.  Néanmoins,  rarement on évoque le fait que, ce n’est pas un gain à long terme, pour les consommateurs si la gestion de l’offre est aboli. Rarement, on mentionne le fait que la gestion de l’offre au Canada n’est pas une règlementation imposée par le gouvernement. A la base, il a été adopté démocratiquement par les producteurs, avec la complicité des transformateurs et des gouvernements.  Si ce n’était de la volonté des politiciens de plaire on ne sait trop à qui, la gestion de l’offre se maintiendrait tant que les producteurs n’en décideraient pas autrement.  Le système a évolué au fil du temps et a su s’adapter aux exigences des marchés.  Il a aussi permis de se doter de très hauts standards de qualité et d’efficacité.  Il n’est pas parfait. Il a sa part d’irritants.  Mais les pays qui l’ont aboli n’ont toujours pas réussi à nous convaincre que c’était la bonne décision pour la filière agroalimentaire, en particulier pour les producteurs et les consommateurs.

Le monde agricole a compris depuis longtemps qu’on est trop peu nombreux pour se diviser et qu’il vaut mieux répartir la richesse entre tous plutôt que de permettre à une poignée de s’enrichir pendant que les autres crèvent à petit feu.  Pour avoir un rapport de force, il faut s’unir.  C’était vrai pour négocier avec la laiterie locale il y a 50 ans; c’est encore vrai aujourd’hui à l’échelle nationale.  Ce devient encore plus vrai lorsque le marché devient international.

Alors, FIERS ET UNIS POUR LA GESTION DE L’OFFRE  nous le sommes et nous le resterons!

Richard Maheu