Saint-Eustache, 06 novembre 2019 – La communauté agricole de l’Outaouais est ébranlée à la suite de l’accident qui a causé, hier, le décès d’Éric Trépanier, agriculteur et maire de Fassett. M. Trépanier aurait fait une chute fatale de son silo à grains.

« Nous sommes de tout cœur avec les proches de M. Trépanier, souligne le président de la Fédération UPA Outaouais-Laurentides, Stéphane Alary, lui-même producteur de la région. Ils vivent un deuil subit et doivent composer avec la pression énorme des opérations de la ferme, qui doivent se maintenir malgré tout. C’est une épreuve extrêmement difficile. »

La Fédération travaille actuellement à mettre en place des actions, notamment pour assurer un soutien psychologique à la famille et aux proches de M. Trépanier. Des efforts sont aussi déployés pour assurer que les opérations de la ferme — élevage de bovins et culture de grains — continuent. Ce type d’entreprise requiert une activité sans interruption, notamment pour le bien-être des animaux et les travaux de fin de saison aux champs.

« Toutes les ressources disponibles dans la région sont sollicitées : agriculteurs, élus, MRC, municipalités, ministère de l’Agriculture. On s’inspire de protocoles d’intervention établis dans d’autres fédérations régionales de l’UPA pour faire face aux situations de crise. Un appel à la solidarité a été lancé à tous », explique M. Alary.

« Nous avons mis en place une cellule de crise, sollicité des gens et les réponses ont vite afflué, décrit Marie-Claude Thibault, directrice adjointe à la Fédération. Des producteurs se sont offerts pour battre, récolter et entreposer le grain. D’autres prendront soin des animaux jusqu’à ce que la famille soit en mesure de prendre une décision quant à l’avenir de l’entreprise. C’est un très bel élan de générosité auquel nous assistons. »

Les fermes sont des milieux de travail qui comportent de nombreux risques pour la sécurité. Les silos en particulier sont une source de dangers : chutes, inhalation d’émanations toxiques, ensevelissement. Les risques liés à l’utilisation de la machinerie agricole sont d’autres exemples de périls auxquels sont exposés les agriculteurs dans leur quotidien.

Des efforts continus sont déployés par l’UPA, en collaboration étroite avec la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST), pour offrir tous les ans des ateliers de prévention variés, dans la région Outaouais-Laurentides comme ailleurs dans la province.

La mutuelle de prévention de l’UPA offre également aux producteurs qui le désirent un service d’élaboration de programme de prévention personnalisé.

Le Centre d’emploi agricole (CEA) Outaouais-Laurentides vient d’embaucher une nouvelle ressource pour la prévention des accidents à la ferme. Des activités de prévention — ateliers, journées de formation thématique, etc. — sont également organisées en collaboration avec la CNESST et divers intervenants.

« Malgré tout, des accidents comme celui de Fassett se produisent, déplore Émilie Caron, directrice du CEA Outaouais-Laurentides. Les fermes grossissent, la main-d’œuvre est rare, il y a la pression de faire vite dans un contexte hautement compétitif, les caprices de la météo et les changements climatiques qui réduisent les fenêtres pour les récoltes et les travaux… Résultats : les producteurs prennent des risques et sous-estiment les dangers. Les conséquences sont parfois tragiques. On doit continuer à sensibiliser et former, toujours. »

« Tous les rapports de coroner et ceux de la CNESST en lien avec les accidents qui se produisent en milieu agricole sont pris scrupuleusement en compte pour améliorer nos actions préventives et agir pour que de tels accidents ne se reproduisent pas », mentionne Denis Roy, responsable provincial du dossier de la main-d’œuvre à l’UPA.

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Source et information :
Nathalie Villeneuve
Conseillère communication et affaires publiques
Fédération UPA Outaouais-Laurentides
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