Saint-Eustache, 27 septembre 2019 – Transferts de ferme à la relève familiale, commerce international et gestion de l’offre, détresse psychologique en agriculture, lourdeur et manque de flexibilité des programmes fédéraux, fiscalité non adaptée au secteur : ces thèmes ont été au cœur de la soirée Parlons d’agriculture tenue à Mont-Laurier le 26 septembre.

Marie-Hélène Gaudreau (BQ); Claude Dufour (NPD); Serge Grégoire (PCC) et David de Burgh Graham (PLC), tous candidats de Laurentides-Labelle aux élections fédérales, ont participé à l’activité.

Cette soirée a permis aux candidats de présenter leur plateforme électorale en matière d’agriculture aux producteurs présents. Par-dessus tout, elle a été l’occasion pour les représentants des quatre formations politiques de plonger dans le bain de la réalité agricole pendant deux heures d’échanges structurés, ponctués par quelques cris du cœur de la part des agriculteurs.

Les ententes commerciales ont retenu l’attention, dans une région où la production laitière est importante. « Est-ce que ça vaut encore la peine de s’engager dans ces ententes-là commerciales quand, au final, c’est toujours le même secteur économique du pays qui écope? » a demandé Benoit Legault, producteur de lait de Ferme-Neuve. M. Legault n’a pas manqué de souligner que beaucoup d’autres secteurs de production comme le porc, le soya et le canola, souffrent des conflits commerciaux.

Sujet intimement lié, la gestion de l’offre a été défendue avec ardeur par Normand Foisy, acériculteur de Ferme-Neuve : « J’aurais aimé vous entendre dire  que la gestion de l’offre, c’est une idée magnifique, c’est l’idée du siècle! […] C’est le Québec! C’est ce qu’on n’a pas compris, au Canada. Ça fait vivre des régions. »

Des producteurs ont par ailleurs déploré les règles fiscales peu favorables à la transmission d’une entreprise agricole à la relève familiale. « On connaît des fermes qui sont plus tentées de vendre à des étrangers, justement à cause de ça […]. Quand on laisse [sa ferme] à un enfant, c’est une fierté, on est content que ça continue, ce qu’on a fait toute notre vie. »

Normand Foisy a plaidé en faveur de mesures audacieuses pour favoriser la relève dans les fermes. Pourquoi pas des prêts à des taux d’intérêt négatifs, a-t-il suggéré. « On montrerait qu’on tient à nos enfants. »

 

Constandina Mourelatos, acéricultrice de Mont-Laurier, a de son côté lancé un cri du cœur devant la charge fiscale des agriculteurs : « La job [que nous faisons] est déjà extrêmement difficile et elle fait vivre le monde! »

Les candidats ont également été interpellés sur la paperasse considérable que les agriculteurs ont à remplir pour souvent obtenir, au bout du compte, peu d’aide financière. L’incompréhension des réalités régionales a aussi été déplorée. « On sait que les normes qui sont appliquées par la Financière agricole sont directement télégraphiées par le fédéral, par Agriculture Canada, a noté Michel Genest, producteur de céréales biologiques à Ferme-Neuve et président de l’UPA La Lièvre. En 2018, on a eu, sur notre territoire […] 40 % moins de foin que les années précédentes. Et la compensation de la Financière agricole n’était pas là. Comment, dans vos programmes, allez-vous assurer une certaine convivialité, pour être en mesure de s’adapter aux régions? »

François Handfield, producteur maraîcher biologique à Mont-Tremblant et vice-président de la Fédération UPA Outaouais-Laurentides, a attiré l’attention des candidats sur les enjeux liés à la certification biologique.  La norme biologique au Canada est plus exigeante qu’aux États-Unis, où des pressions s’exercent pour l’édulcorer, a-t-il mis en lumière. Ce qui peut engendrer de la confusion et de la méfiance, chez les consommateurs. « On est des leaders au Canada. Au Québec, beaucoup de producteurs décident de faire le saut, parce qu’ils sont capables de vendre une plus-value […] Mais si ça perd son sens, on va se planter. »

Anouk Préfontaine,  productrice d’ail de Mont-Laurier, a souligné pour sa part le manque criant de ressources d’aide pour faire face au stress et à la détresse psychologique en agriculture. « Ici on a une travailleuse de rang qui fait toute la région […] On aurait besoin de trois travailleuses de rang. » Dans un rapport publié par le Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire (comité de la Chambre des communes) en mai 2019, il était recommandé au gouvernement fédéral de soutenir financièrement les activités des organismes reconnus qui viennent en aide aux agriculteurs.

À propos de la Fédération UPA Outaouais-Laurentides

La FUPAOL est une organisation syndicale qui représente les quelque  2 500 entreprises agricoles des 16 MRC situées sur le territoire de l’Outaouais, des Laurentides, de Laval et de Montréal et leur offre services et soutien professionnels.

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Source et information :
Nathalie Villeneuve
Conseillère communication et affaires publiques
Fédération UPA Outaouais-Laurentides
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